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Saveurs régionales

Jarret de porc Dongpo : un plat plein d’amour et de saveurs

Rédaction culinaire·Recherche sur les cuisines régionales
8 min de lecture
4 mars 2026
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Jarret de porc Dongpo : un plat plein d’amour et de saveurs

Introduction

Dans le vaste univers de la gastronomie chinoise, un plat incarne à la fois le poids de l’histoire et la chaleur des sentiments : le jarret de porc Dongpo. Ce classique originaire de Meishan, au Sichuan, avec sa texture fondante, riche mais non grasse, est devenu un souvenir gustatif inoubliable pour de nombreux convives. Aujourd’hui, partons à la découverte de l’univers du jarret Dongpo et des histoires qui l’entourent.

I. Origines historiques : une belle légende autour du jarret Dongpo

Lorsque l’on évoque le jarret de porc Dongpo, on pense immédiatement au grand lettré de la dynastie Song du Nord, Su Dongpo. Pourtant, la naissance de ce plat renommé est étroitement liée à son épouse, Wang Fu. La légende raconte que Su Dongpo se rendit un jour à Yongxiu, dans le Jiangxi, et y guérit l’enfant malade d’un paysan. Pour le remercier, ce dernier l’invita à rester dîner. Séduit par la beauté des paysages, Su Dongpo improvisa ce vers : « Le parfum des perles de riz pénètre jusqu’au cœur. » Le paysan, qui cuisinait alors, crut qu’il lui expliquait comment cuire la viande — « cuire avec la paille jusqu’à ce que le parfum pénètre au cœur » — et mit le porc dans la marmite avec la paille qui l’attachait. À sa grande surprise, la viande ainsi préparée dégagea un arôme extraordinaire.

Selon une version plus répandue, le jarret Dongpo serait en réalité un plat traditionnel créé par l’épouse de Su Dongpo, Wang Fu. Su aimait tellement ce mets qu’il lui donna son nom. Wang Fu, femme avisée et vertueuse, connaissait parfaitement les goûts de son mari et élabora avec soin cette recette. Su Dongpo en fit souvent l’éloge, en mangeait régulièrement et la recommandait à ses proches. Avec le temps, le jarret Dongpo se diffusa progressivement et devint un grand classique de la cuisine du Sichuan.

II. Le jarret Dongpo de Meishan : alliance parfaite entre tradition et innovation

En tant que berceau du jarret Dongpo, Meishan, dans le Sichuan, a développé une compréhension unique et un savoir-faire raffiné autour de ce plat. Par rapport à la méthode traditionnelle attribuée à Wang Fu, la version moderne de Meishan présente des améliorations notables dans sa technique de préparation.

1. Un choix rigoureux des ingrédients

Le jarret Dongpo de Meishan accorde une grande importance à la sélection des matières premières : on utilise exclusivement le jarret de porc, à la chair tendre et bien équilibrée entre gras et maigre. Cette exigence garantit la texture caractéristique du plat.

2. Un procédé de cuisson particulier

La préparation repose principalement sur deux étapes : le braisage puis la cuisson à la vapeur. On lave d’abord soigneusement le jarret, puis on le fait mijoter dans de l’eau claire jusqu’à une cuisson à environ quatre-vingts pour cent. On le sort ensuite pour le placer dans un panier vapeur. Après deux étapes de dégraissage, le jarret atteint une texture fondante, riche sans être écœurante, et moelleuse sans se défaire.

Jarret Dongpo de Meishan

3. Des façons de le déguster variées

On déguste principalement le jarret Dongpo de Meishan de deux manières. Premièrement, en soupe claire : on place le jarret cuit à la vapeur dans un bol, on le couvre de bouillon de poulet (ou d’eau bouillante à défaut), puis on ajoute un peu de sel et de ciboule. Servi avec une petite coupelle de sauce soja pour y tremper la viande, le goût n’en est que plus savoureux. Deuxièmement, nappé de sauce : on dispose le jarret cuit dans un bol et on verse dessus une sauce préparée à l’avance. La sauce de Meishan est très élaborée : composée de dix-sept ingrédients, elle se distingue par un profil aromatique riche qui convient aussi bien aux convives de l’est, du sud, de l’ouest et du nord de la Chine qu’aux gourmets du monde entier.

III. Recette maison du jarret Dongpo : un délice à portée de main

Si vous souhaitez savourer chez vous un jarret Dongpo authentique, n’hésitez pas à essayer la recette familiale suivante.

1. Ingrédients

Un jarret de porc d’environ 1,2 kg, 4 cuillères à soupe de pâte de fèves (doubanjiang), un morceau de gingembre, une demi-tête d’ail, environ 25 g de ciboule, 1 cuillère à soupe de vinaigre, 2 cuillères à soupe de sucre, 1 cuillère à soupe d’huile de sésame, 1 cuillère à soupe de sauce soja noire, environ 250 ml de bouillon, sel et glutamate (facultatif) selon le goût.

2. Étapes de préparation

Blanchir le jarret dans l’eau bouillante afin d’éliminer le sang et les impuretés ;

Hacher finement la moitié du gingembre et de l’ail ; écraser l’autre moitié du gingembre et nouer la ciboule ;

Placer le jarret, le nœud de ciboule, le gingembre écrasé et le bouillon dans un grand bol résistant à la chaleur, puis cuire à la vapeur au-dessus d’une eau frémissante pendant environ une heure. Ajouter ensuite la sauce soja noire et poursuivre la cuisson à la vapeur jusqu’à ce que la viande devienne très tendre ;

Sortir le jarret et le dresser sur un plat ;

Dans un petit bol, mélanger le gingembre haché, l’ail haché, la pâte de fèves, le sucre, l’huile de sésame, le glutamate éventuel, le vinaigre et une demi-louche de bouillon pour obtenir une sauce ;

Napper uniformément le jarret avec cette sauce et servir.

Jarret Dongpo maison

3. Points d’attention

Lors du mijotage, il est essentiel d’utiliser un feu doux et de laisser cuire lentement. On se réfère souvent à la « règle des treize caractères » pour la viande braisée : « feu doux, peu d’eau, quand la cuisson est à point, la saveur vient d’elle-même ». Cette maxime est directement issue de la préparation du jarret Dongpo.

On commence par porter à ébullition à feu vif, puis on réduit le feu et on écume soigneusement. Ainsi, le jarret garde une belle tenue sans se désagréger.

IV. La portée culturelle du jarret Dongpo : entre gastronomie et littérature

Le jarret de porc Dongpo n’est pas seulement un plat savoureux ; il illustre aussi l’alliance entre la culture culinaire chinoise et la littérature. Su Dongpo, grand homme de lettres de la dynastie Song du Nord, a laissé des poèmes et des textes immortels, et le jarret Dongpo s’est fait connaître grâce à lui. Ce plat témoigne à la fois de son amour pour la bonne chère et de sa sensibilité littéraire.

Dans ses poèmes, on trouve de nombreuses descriptions de mets. Dans son fameux « Hymne au porc », il écrit : « Lave bien le chaudron, mets peu d’eau, couvre de bois et laisse la fumée sans flamme. Laisse-le cuire de lui-même, ne le presse pas ; quand la cuisson est à point, la saveur vient d’elle-même. À Huangzhou, le bon porc est bon marché comme la terre. Les riches n’en mangent pas, les pauvres ne savent pas le cuisiner. Le matin, j’en prends deux bols bien pleins, et nul besoin de se soucier du reste. » Ce poème décrit avec vivacité le procédé de cuisson et la saveur du jarret Dongpo, tout en reflétant l’amour de Su Dongpo pour la vie et son attitude optimiste.

V. Héritage contemporain : un plat chinois qui conquiert le monde

Avec le temps, le jarret Dongpo s’est imposé aussi bien en Chine qu’à l’étranger. On le retrouve aujourd’hui sur les cartes de nombreux restaurants chinois à travers le monde. Son goût unique et sa profonde dimension culturelle lui valent l’appréciation de gourmets d’horizons très divers.

Pour mieux transmettre et valoriser ce trésor de la cuisine chinoise, la ville de Meishan et d’autres régions du Sichuan s’emploient à développer une filière structurée autour du jarret Dongpo : création de bases de production standardisées, travail de marque, amélioration continue de la qualité. Des événements thématiques — festivals du jarret Dongpo, concours culinaires, etc. — permettent également à un public toujours plus large de découvrir et d’aimer ce plat.

Conclusion

Le jarret de porc Dongpo est un plat traditionnel chinois qui ne séduit pas seulement par ses couleurs, ses arômes et ses saveurs ; il est aussi un symbole emblématique de la gastronomie chinoise que les amoureux de bonne cuisine ne devraient pas manquer. Il porte la mémoire de l’histoire et la chaleur des sentiments, et constitue un véritable joyau de la culture culinaire chinoise. Qu’il soit servi dans un grand restaurant ou sur une table familiale, le jarret Dongpo offre un plaisir sans fin. Savourons ensemble ce plat empreint d’amour et laissons-nous toucher par la richesse et la profondeur de la cuisine chinoise.

Rédaction culinaire

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